Scenes et comportements de ces indiens bizarres...
En plein meetings importants ou cours de yoga meditatif resonnent des rots et pets sonores, ou plus soft, les machouillements de betel.
Le fameux dodelinement de la tete qui fait pantin deglingue dans toutes les conversations.
Le classique molard-crache-au-son-de-vomi du matin, qui resonne bien et se repete dans la rue...
Les indiens ont des racleurs de langue en metal qu’ils usent tous les matins apres la brosse a dents. Quand je dis a un activiste qu’on en a pas en Europe, il s’exclame
« no ? what a people you are ! »
Les coupures de courant juste avant d’envoyer un long long mail a une amie chere.
Le mois du marriage est decide par l’astrologue... malgre la saison des pluies! Pas fute, le cosmos ! Un « petit marriage » comprend minimum 500 personnes. Max 4 000 !!
D’une fenetre de bus, j’observe avec horreur le « nettoyage » d’un tea-shop ; le verre a chai est essuye avec le bas du sari (le meme endroit que pour s’essuyer apres les WC !) et le pot a gateaux « nettoye » avec un chiffon rigide de crasse vieille et fermentee… gloups ! (et ils se disent le peuple le plus propre)
Ambiance tres tres lourde de tension ou tout le monde fixe le sol ou devant soi, sourcils fronces et bouche a l’envers. Seul un, voulant malencontreusement detendre l'atmosphere, met en mode “repeat” la sonnerie monocorde de son portable, et tout le monde reste prostre sur fond du son gresillard d’une reprise de Leo Ferre… Craignant un fou rire incontrolable, j'ai du m'eloigner subrepticement...
Le rythme est lent en Inde ; pour une heure de travail, un jour repos ! Et les jours de pluie, c’est rien du tout!
La
tele, c'est 3h de gros plans saccades (avec des bruits d’epee a chaque changement plan de la meme scene) sur les moues dramatiques (a ce moment, la replique-cle est en anglais comme "I don't love you anymore!!") de deceptions des membres de la famille face a une fille qui fout la merde et des freres qui se tapent et une mere qui pleure. Voila la trame de base d’une serie familiale.
Qui veut des millions en indien, aussi, avec un presentateur a la patrick sebastien!!
Programmes d’information sanitaire sur fond eternel de chants aigus et danses bizarres...
Inscriptions
Le nom d’un restaurant a Varanasi «
Yes, we are less dirty » !!
T-shirt a Varanasi avec dessus «
no boat, no guest house, no haschich, no rickshaw, no one rupee, NO PROBLEM !! » (d’ailleurs c’est quand on veut boat, chai ou rickshaw que personne ne propose evidemment!)
„
International potato center“ en orissa!
Panneaux avec « choklet » (chocolate) « chip stek » (cheap steak) « battrie » (battery), « kwality ice crem » (ice cream of quality), "no intry" (no entry) et j’en passe...
Respect quotidien...
Vers 23h, l’activiste qui m’heberge est assise a cote de moi sur le lit et me dit « you can sleep » entre deux conversations sonores sur son portable et avec la lumiere grande allumee.
A 6h du matin je fais un bond de 3m et risque la crise cardique quand elle souffle a fond dans la corne de pooja (comme une corne de brume. C’est cense s’entendre dans tout le village. Et j’etais a 1m50), puis entre deux prieres a voix haute elle me repete
« yes, you can sleep !! » (hum, le temps que mon coeur ralentisse a 150)
et puis plus tard « mais je suis pas hindoue, non non ! C’est pas pour moi, ces croyances »)
Sinon, a l’ONG, on tambourine a ma porte a 7h (franchement, la Gestapo n’aurait pas frappe moins tendrement)... pour m’apporter le the (la journee ne commence pas avant 10-11h).
Puis ils viennent dans la chambre alors que je suis aux chiottes, ou dans ce qui est suppose etre ma salle de bains pour y prendre leur douche (meme si l’autre est libre)... Quand je suis a l’ordinateur, ils lisent derriere mon epaule ...