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Nom du blog :
india07
Description du blog :
Journal d'un séjour de 8 mois en Inde du sud
Catégorie :
Blog Voyage
Date de création :
23.08.2007
Dernière mise à jour :
29.05.2008
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Avant le depart

Hello!

Posté le 23.08.2007 par india07
Namaste tout le monde!! (je sais, je l'ai déjà dit)
Bon bah voilà, en avant pour de nouvelles aventures.
Pour ceux qui ne savent pas tout sur ce qui se passe en 3° année à l'IEP, eh ben on va à l'étranger. Et moi et Lucie allons ensemble faire un stage de 6 mois en Inde du sud (après j'irai deux mois en Tanzanie)... Plus une excursion au Sri lanka pour refaire un visa, plus deux mois de tourisme en Inde du nord, plus vadrouiller dans la magnifique Inde du sud pour voir les actions de l'asso, plus le fait que l'ONG défende le droit des sans-terres, des femmes et des intouchables... bref, que du bonheur en perspective! On va en prendre plein les mirettes!
En attendant le grand départ dans une semaine et demi, je vais poster ce que j'ai déjà potassé au niveau de l'asso, du parcours prévu pendant les 15 jours où on descendra de Bombay à Madurai...
J'ai pas encore tout à fait fini mon blog sur le pérou (http://peru06.centerblog.net), donc soyez indulgents sur le rythme!!
Salutations indiennes



--

Visas

Posté le 24.08.2007 par india07
http://www.delhi-accueil.com/utile/avant/papier.htm
Pour les stagiaires qui veulent être dans la légalité et/ou mêler leur stage à du tourisme, c’est très embêtant.
Sachez d’abord que (au moins pendant mes recherches) le consulat de France et le service des visas de l’ambassade indienne ne répondent JAMAIS. N’essayez ni le téléphone, ni le mail, ni le fax, ni le site internet ; rien ne marche et vous gaspillerez votre argent et vos espoirs (ainsi que votre bonne humeur si il vous en restait à ce stade des formalités administratives).

VISAS CLASSIQUES
On peut les avoir par correspondance en 15 jours pour même pas 20 euros de plus (pratique quand on est loin de Paris et qu’on n’a pas envie de poireauter des heures devant l’ambassade) grâce notamment à Home-visas (01 46 81 80) ou Action-visas (0892 707 710).
Vous pouvez aussi contacter ces derniers pour demander des informations (ça remplace le consulat) tout en sachant que leur mauvaise humeur croit en même temps que les jours du mois de juin.

Visa Tourisme de 6 mois
Le plus simple à avoir, il faut deux photos d’identité identiques (3,5x4,5cm), un formulaire rempli (téléchargeable sur action-visas), un chèque (certifié si vous allez directement à l’ambassade).
Il impose juste d’aller se reposer une semaine au Sri Lanka avant la date limite, muni de deux photos d’identité et d’une photocopie du passeport pour refaire faire son visa. C’est une filière très utilisée.
Après m’être pris la tête pendant trois jours, j’ai opté pour ça.

Visa Affaires
Le seul visa de 12 mois.
Certains le prennent pour le stage, surtout quand c’est rémunéré. Mais d’après mes recherches, il faut faire attention ; légalement, on n’a pas le droit de rester plus d’un mois dans la même structure avec ce visa. Et il paraît qu’ils sont stricts là-dessus (à voir, ça).
Surtout, en plus des documents de base (voir visa tourisme), les frais consulaires sont plus chers (80 euros pour un visa affaires d’un an) et il faut en plus une photo, un formulaire ainsi qu’une lettre de mission et une lettre d’invitation en double exemplaire (dont l’original). Donc il faut mentionner les deux sociétés (française et indienne), leurs adresses, dire que vous êtes envoyé( e) pour rencontrer telle société à plusieurs reprises pendant un an. Donc tout ça est ambigu, et il faut trouver des responsables prêts à signer des documents pas très légaux…

VISAS SPECIAUX
On ne peut les avoir qu’en allant directement à l’ambassade. Ce qui implique d’arriver vers 8h (plus tôt à partir de juillet) afin d’espérer avoir un ticket (entre 9h30 et 10h30) et passer 5h plus tard. Il prendre la ligne 9 direction Pont de Sèvres si on vient de Trocadéro (ligne 6 Nation/Charles de Gaulle-Etoile).
Si les papiers sont bons, vous pourrez venir chercher le visa entre 16h15 (venir une bonne demi-heure à l’avance) et 17h dans la semaine. Sinon…

Visa étudiant
Un certificat de l’université suffit normalement, en plus des documents de base. Ca peut être pratique pour les stagiaires à condition que les accords avec les universités indiennes soient stables et entretenus.

Visa X
Mystérieux visa sans liste officielle, ils peuvent le donner facilement comme rechigner pendant un mois en demandant tel document, telle signature, tel tampon, telle modification…
En gros, c’est le visa pour ce qui ne rentre pas dans les autres cas. D’où une montagne de papiers ; si vous le tentez, prenez tout ce qui fait bien avec des tampons et des signatures. Genre ; justificatifs de stage (attestation de l’IEP comme quoi ce stage fait partie de la scolarité et est obligatoire, convention de stage bien remplie (notamment avec les dates), bien propre, tamponnée ET signée par les deux parties) attestations d’indépendance financière (attestation comme quoi vous vous prenez en charge, attestation de la banque montrant que vous avez 500 euros par mois, attestation de vos parents pour dire qu’ils sont prêts vous aider au cas où).
Ca peut donc se nommer un « visa stage », qui se limite à la stricte durée du stage. Donc pour faire du tourisme avant c’est mort, et pour faire du tourisme après il faut ressortir du territoire pour se refaire faire un visa tourisme. A moins de faire signer une convention où le stage est plus long que vous n’allez le faire pour prévoir du tourisme. Mais bon, au final ça implique tellement de risques d’embarras que l’option visa tourisme me paraissait la meilleure.

Santé

Posté le 24.08.2007 par india07
La nécessité de traitements préventifs spéciaux en Inde est assez discutée et dépend des contextes. Beaucoup partent sans rien.

MALADIES SPECIALES
Encéphalite japonaise
http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/ccdr-rmtc/98vol24/24sup/dcc3.html
Les (rares) victimes pour qui ça s’aggrave sont des locaux pour la plupart de moins de 10 ans ou de plus de 65 ans.
Le vaccin, le Je-vax, est à au moins150 euros pour 3 injections à J0, J7 et J30 (cette dernière devant se faire 10 jours avant le départ) et il faut le faire dans un centre international de vaccination (certains hôpitaux ; http://www.itg.be/ITG/Uploads/MedServ/FJapanseEnc.pdf )
En plus, les grandes villes, les espaces en altitude et le nord-ouest de l’Inde ne sont pas concernés.
Vous aurez compris mon argumentation ; je n’ai pas fait ce vaccin. Il faut quand même et toujours bien se protéger des moustiques, surtout le soir quand il fait chaud et humide (genre la nuit dans les rizières).

Rage
http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/ccdr-rmtc/02vol28/28sup/dcc4.html
C’est un peu plus fréquent et dangereux que la maladie précédente. J’ai lu qu’au moins deux touristes en sont morts ces trois dernières années, et que l’Inde est le pays le plus touché.
Ceci mis à part, les victimes sont surtout des enfants locaux. De fait ces aggravations viennent même après le vaccin anti-rabique (3 injections à J0, J3, J7 et J30, environ 150 euros en tout); c’est le traitement curatif et non préventif qui importe. Le tout, c'est de faire attention aux animaux et voir un médecin après une morsure/ piqûre/ griffure/ léchage de plaie suspect.
Donc je ne l’ai pas fait non plus.

Paludisme
En zone chaude et humide (rizières pendant la saison des pluies près de la côte…) et le soir, les moustiques peuvent être dangereux.
Il y a donc un médicament préventif, la malarone. C’est cher (plus de 20 euros la boîte pour 4 semaines) et c’est à prendre pendant tout le voyage plus 4 semaines après.
Surtout, il faut une pharmacie à proximité qui en ait suffisamment et régulièrement (des grosses réserves sont peu pratiques et facilement volables).
En gros, mon médoc, c'est moustiquaire et insect écran peau+vêtements, plus une boite de Malarone en cas de crise (4 comprimés toutes les 24h pendant 3 jours). Ca coûte entre 40 et 45 euros la boîte.

MALADIES CLASSIQUES
J’ai fait les rappels des vaccins suivants; Hépatites A et B, DTP (Diphtérie, Typhoïde, Polio), Tétanos.
Ne pas oublier un check-up chez le médecin et le dentiste avant de partir, ça peut servir.

INFORMATIONS
MFE rue de la Pérouse et sur internet, SIMS à Beaulieu
http://www.doctissimo.fr/html/sante/voyageurs/sa_inde_sa.htm

Assurances

Posté le 24.08.2007 par india07
Que ce soit SMEBA ou LMDE, les assurances étudiantes proposent des régimes adaptés, sans qu’il y ait besoin de mutuelle.
Pour ma part, j’ai pris le passeport santé « Globe trotter’s » de la LMDE. Rapatriement, vol ou perte des bagages, assistance juridique, remboursement santé, forfait vaccins pour 37 euros par mois pendant un an. Par contre, les droits de sécurité sociale ne sont pas compris.

Bagages

Posté le 24.08.2007 par india07
Comme contenant un gros sac de montagne pour le gros du bagage (12kgs), un petit sac à dos pour les trucs pratiques (7kgs), et une ceinture ventrale pour les papiers importants (1kg).
-MÉDOCS : moustiquaire+insect écran pour peau et vêtements, antalgiques (anti-douleurs) et anti-diarrhéiques, antibiotiques, pastilles pour l’eau, crèmes solaire et anti-brûlure, désinfectant et pansements, une boite de Malarone.
-FRINGUES : grosses chaussures+ sandales, 2 pantalons, 2 tee-shirts, 2 pulls, 2 sous-vêtements, un maillot, de la lessive. Le reste s’achètera sur place
-TOILETTE : tampons, gants de toilette, savon, serviette, brosses à dents, brosse à cheveux, déodorants
-PRATIQUE ; sacs plastiques, PQ, un petit sac à dos, un petit sac de couchage, un petit instrument de musique, dictionnaire de la langue du pays, papier/ crayons/ gomme/ blanco/ règles/ ciseaux, un briquet, un bon couteau et une petite cuillère de poche (pratique pour manger au coin de la rue du riz qui colle pas), quelques bouquins, fil et aiguille
-ÉLECTRONIQUE : lampe de poche, MP3, piles et chargeur, rallonge et adaptateur, réveil, éventuellement téléphone portable (pour les textos seulement, sinon cabine téléphonique. Prendre une mobi-carte), appareil photo (+cartes mémoire)
-PAPIERS: photos d'identité, cartes vitale, bancaire et d’identité, traveller chèques (faire la demande trois semaines avant!! Je me suis faite avoir!), conditions d’assurances, passeport, conventions de stage, permis international (à demander à l'avance en préfecture, sinon faisable sur place pour 30 dollars), passeport bien sûr, billets d'avion. Le tout photocopié 2 fois; un exemplaire chez les parents, un autre dans un sac différent des papiers originaux.

Budget

Posté le 24.08.2007 par india07
Vêtements+chaussures: 70 euros
Guides: 40 euros
Insect écran+moustiquaire: 50 euros
Une boîte de Malarone: 40 euros
Divers (toilette, piles…): 20 euros
Transport aller: avion 320 euros+ train France 60 euros+ train Inde 20 euros = 400 euros
=>donc jusqu'à Madurai, j'en ai en gros pour 620 euros...

Le pourquoi du comment

Posté le 26.08.2007 par india07
Petite explicitation de choix qui ne vont pas toujours de soi:
D'abord, cette année obligatoire à l'étranger a été une de mes motivations à tenter le concours de l'IEP. C'est dire si ça me tient à coeur!
Vous me direz, il y en a qui vont en université en Belgique. Tout de suite, c'est moins glamour! Mais loin de moi tout mépris, chacun fonctionne à son envie. Et mes critères étaient les suivants:
-aller en Asie du sud-est pour sa culture radicalement différente, son état d'esprit, sa spiritualité et ses bastions traditionnels relativement moins occidentalisée que les anciennes colonies françaises
-aller dans un pays en développement pour voir un autre mode de fonctionnement de société, voir quelle évolution est possible ou souhaitable
-aller dans une ONG pour en voir le fonctionnement et les responsabilités possibles (je voudrais travailler dans ce domaine), l'efficacité dans la tentative de concretisation d'idéaux nébuleux (solidarité, redistribution équitable...)
-aller dans une région anglophone (ben oui, pendant autant de temps ce serait bête de ne pas profiter pour s'imprégner d'une langue pratique...) mais avec un anglais non châtié, tel qu'il est parlé par la majorité des non-anglais: avec l'accent de la langue natale!

Ensuite il s'est trouvé qu'un certain Rajagopal, fondateur d'une certaine association indienne nommée Ekta Parishad , est venu donner une conférence à l'IEP le 5 décembre dernier...
Une collègue IEPienne et moi-même, avec la même idée en tête, nous sommes regardées un moment pendant la conférence et avons sauté sur l'occasion pour lui demander une chtite place dans l'asso les 8 mois prochains...!
Pendant les longues démarches concrétisant cette offre, un coup d'oeil sur internet nous a largement confirmé que ce choix n'était pas mauvais; Ekta Parishad est assez connue et sa démarche est passionnante!
Je posterai prochainement un résumé descriptif de cette association...

Ekta Parishad

Posté le 27.08.2007 par india07
Le nom "Ekta Parishad" signifie "forum uni", et ne se revendique donc pas en tant qu'ONG (où les décideurs seraient concentrés dans l'association), mais comme un mouvement populaire de masse indien. Les 150 000 membres d'Ekta Parishad militent en effet dans les 4 000 villages des 8 Etats fédéraux (Madhya Pradesh, Chattisgarh, Orissa, Bihar, Jharkhand, Uttar Pradesh, Tamilnadu et Kerala), ce qui représente plus de 5 millions d'indiens.

La structure de cette association réside en son inspiration gandhienne;
Le but consiste en la Sarvodaya (recherche d’une société du bien-être, de la dignité et du respect de tous) traduite par des lois considérant les pauvres et discriminés tels que les intouchables, les tribus forestières, les femmes, ou surtout les paysans sans terre.
Les deux objectifs sous-jacents sont de développer l'autosuffisance de ces pauvres à travers une redistribution équitable des terres , des compensations pour les paysans déplacés, la protection du droit des tribus, la protection de la femme (70% de la population rurale)… Mais aussi, plus généralement, une société décentralisée dans des villages autosuffisants, plus centrée sur les besoins et non sur l'avidité (principe de Gandhi).
Le moyen en est la Satyagraha (le combat non violent contre l’injustice) traduite par l'encouragement à une réclamation collective envers l'État quant à l'application de droits constitutionnels et humains.
Le mouvement forme ainsi les jeunes non instruits à collecter leurs savoirs et revendiquer leurs droits, soutient les marches et grèves de la faim, les démarches juridiques existantes (manifestations, rassemblements, pétitions) ainsi que la désobéissance civile (sièges, blocages de routes). En effet, il ne suffit pas d'être pacifiste contre un État qui n'hésite pas à emprisonner ou contre des propriétaires allant jusqu'à tuer. Et ce serait aller trop vite que de voir Gandhi comme un seul pacifiste adepte du compromis.

Si certains résultats sont probants (350 000 terres récupérées, prise en compte de 580 000 crimes contre des tribus forestières, force d'action dans 4 états (Madhya Pradesh, Chhattisgarh, Orissa et Bihar), pétitions menées à la Cour Suprême), l'expérience a cependant prouvé que les actions menées au niveau des Etats fédéraux ne réduisent que temporairement le problème, surtout face à la mondialisation. L'association a donc décidé de lancer en 2005 une vaste campagne d'action non-violente pour pouvoir changer radicalement les institutions, même si Ekta Parishad sera toujours un contre-poids et non un parti politique. Son contact avec la population lui permet dans certains États de faire pencher la balance pour le parti du Congrès et non le BJP (Bharatiya Janata Party, « parti du peuple indien »), parti nationaliste hindou au pouvoir de 1998 à 2004.
Le but de cette campagne était notamment de créer un réseau national autour des droits fonciers, des tribunaux rapides ainsi qu'un guichet unique du gouvernement envers ces questions (ce qui existe déjà… pour les multinationales!). Si une délégation a pu en discuter avec le Premier Ministre indien et le président de la commission des finances en décembre 2005, la campagne ne relâche pas la pression. Elle s'intitule "Janadesh" 2007 ("le verdict du peuple"), et a pour but de connecter les luttes locales, de réunir nombre de personnes et d’organisations et ainsi établir une vaste lutte démocratique pour des réformes foncières et un contrôle communautaire des ressources naturelles (eau, terre, forêt).
Le point culminant de la campagne est une marche de 350km que suivront 25 000 personnes pendant 26 jours (du 2 octobre 2007 (anniversaire de la naissance de Gandhi) au 28 octobre 2007). La marche se déroulera dans le Nord de l’Inde, entre Gwalior et Delhi, où 100 000 autres participants ont attendu pour une manifestation pacifique. On peut les comparer à ces milliers d'Indiens qui avaient rallié la mer à pied en 1930 à l'appel de Gandhi, afin d'y ramasser une poignée de sel et refuser ainsi le monopole britannique de sa commercialisation.

Toute légitime que soit cette action, on peut se poser quelques questions à ce sujet;
L'opposition mauvais puissants/ bons pauvres n'est-elle pas un peu factice? Peut-on estimer que tous les "pauvres" ne rêvent que d'un coin de terre à labourer et qu'ils soient tous solidaires entre eux? N'y a-t-il pas l'enjeu d'une liberté quant à décider de son avenir? Peut-on historiquement penser une société sans avidité, et alors où sont les frontières du besoin?
Quel sens donner à l'opinion internationale si leur mode de modernisation est récusé par la doctrine gandhienne? Ne peut-on espérer une modernisation changée plutôt qu'absente en considérant les médias et les réseaux de solidarité permis par la communication nationale et internationale?
Plus philosophiquement, cet altruisme envers les "pauvres" ne peut-il pas être un égoïsme rassurant et cachant d'autres problèmes et ambiguïtés (individuelles, par exemple) ?

Rajagopal

Posté le 28.08.2007 par india07
Ekta Parishad est cimentée par son fondateur, que l'on qualifie parmi les héritiers du Mahathma; éduqué par un père gandhien de la première heure, Rajagopal a commencé l'école dans une institution gandhienne dont un professeur a stimulé sa sensibilité envers la philosophie de Gandhi. Il s'engage peu à peu dans son futur idéal de vie; "aider les pauvres". Puis il s'est inscrit lui-même dans une école d'agronomie fondée par Gandhi. Il y rencontre Subba Rao, qui va devenir son mentor et encourager ses actions.
Cependant, l'enseignement sur la non-violence lui peu à peu paru incomplet tant qu'il n'avait pas été confronté à l'épreuve de la violence. C'est ainsi qu'à la fin des années 60, il ouvre avec quelques jeunes un ashram (sorte de lieu de retraite spirituelle) située dans le nord-ouest du pays, alors infesté par des paysans sans terre devenus bandits: les dacoits. Rajagopal y découvre le dénuement des descendants des premières tribus forestières de l'Inde, les Adivasi, des hors-caste que la modernisation a contraints à abandonner leurs forêts ancestrales.
Les occupants de l'ashram parcourent la région en prêchant la non-violence, et les liens tissés avec la population leur permettent d'apprendre leur langue puis de négocier leur reddition: en 1972, un millier d'entre eux abandonnent leurs armes et acceptent la prison contre des terres et la promesse d'être jugés rapidement puis réhabilités. Rajagopal a cette fois trouvé sa voie: la défense des sans-terre.
Au cours des années 70-80, il ira faire un travail de pacification dans le Nagaland entre armée et mouvements clandestins, puis dans l'Orissa entre le gouvernement et les communautés tribales.
Mais peu à peu, ses idées de non-violence physique (qui arrangeaient les plus riches) sont passées à un vœu de non-violence structurelle, perpétrée par un système social inégal et injuste. C'est là que son action a pris de l'importance car elle en dérangeait plus d'un parmi les puissants. Dans les années 80-90, on l'a qualifié de tous les noms pour en faire un parasite anti-gouvernemental turbulent, un anti-indien provocateur, un "naxalite" qu'il fallait sortir du système. C'est là qu'il dit s'être rendu compte que si travailler pour les riches ne fait pas réagir les pauvres, l'inverse dresse des murs de reproche et de méfiance.
Sa nomination par la Cour Suprême en tant qu'enquêteur sur les travailleurs asservis (bonded labour act) lui a conféré le statut nécessaire pour dépasser ces murs et ces qualificatifs afin d'assumer ce qu'il pense avoir à faire: responsabiliser les États au niveau juridique tout en libérant de leur dette des milliers d'ouvriers-esclaves sur les chantiers.
Pour se protéger des attaques médiatiques et juridiques des concernés, Rajagopal a aussi créé plusieurs institutions de la même veine dans plusieurs États, afin de perpétuer l'esprit de non violence et de militantisme pour la justice sociale. C'est de là qu'en 1991, dans le but de donner plus d'ampleur à ces luttes, ces associations ont été unies en un forum nommé "Ekta Parishad".

Réseau local

Posté le 28.08.2007 par india07
a. Les organisations régionales
L’entité “Ekta Parishad” est née en 1989, mais les organisations qui la composent travaillent avec les communautés rurales indiennes depuis les années 70. Rajagopal en a aussi créées plusieurs dans les années 80, alors qu'il était violemment critiqué et que ses idéaux nécessitaient une base assise, un ancrage dans le territoire.
Cette fédération informelle de 35 organisations locales pour la plupart constitue donc l'essence de l'association, coordonnant les salariés et les volontaires à différents niveaux dans tout le pays.
Ces organisations peuvent se spécialiser dans un but précis; sensibilisation et formation de jeunes non instruits à leur potentiel d'action, formation de coopératives (pour l'artisanat ou l'agriculture), appui des démarches juridiques à l'encontre de l'État, éducation des enfants, …

(Bihar)
Pragati Grameen Vikas Samiti (District Patna)
Prayas (District patna, Chhattisgarh)
Prayog samaj sevi sanstha et Grameen Vikas Pratishthan (Tilda, District Raipur)
Kshitiz Samaj Sevi sanstha (ratanpur, Dist Bilaspur, Jharkhand)
Naya Savera Vikas Kendra (Atka, District Giridih, Madhya Pradesh)
Mahatma Gandhi Sewa Ashram (Joura, District Morena)
Navarachana samaj Sevi Sansthan (Mohla, District Jabalpur)
Manav Jeevan Vikas Samiti (Majhgama, District Katni)
Nayi Disha (Sijhora, Dist Mandla, New Delhi)
Partners Council India (Orissa)
Janasahajya (Santapur, District Kalahandi)
La fondation Ekta est une institution charitable officielle fondée à Bhopal (Madhya Pradesh) en août 2001. Elle a pour but d'émanciper un peu l'association Ekta Parishad vis à vis de ses financements internationaux. Son idéal est aussi d'agencer les dons indiens et internationaux vers des associations de développement non lucratif et d'aider ces dernières à gérer leurs fonds et leurs programmes.


b. Une organisation spécifique; la CESCI
Le CESCI (Centre for Experiencing Socio-Cultural Interaction) est d'abord une idée de Maja Koene dans le but de soutenir Ekta Parishad. Cette femme fut une inspiratrice et amie précieuse dans le cheminement de Rajagopal. De leur amitié et de leur partage d'idéaux ont suivies des invitations régulières en Europe, qui ont permis au fondateur d'Ekta Parishad de trouver d'avantages de soutiens financiers (suisses notamment). Surtout, Maja Koene a placé toutes ses ressources pour fonder et financer dans les années 90 ce Centre d'Expériences Socio-Culturelles en Interaction à Madurai.
Ce centre éducatif est maintenant soutenu, outre par les dons de ses occupants, par un sponsor suisse et surtout par une fondation indienne. Le but est donc d'abord d'assister matériellement et financièrement Ekta Parishad en organisant des ateliers, des séminaires et en permettant à ses membres de venir s'y ressourcer et échanger avec des militants d'autres milieux (venue d'occidentaux pour une ou deux semaines, de stagiaires). C'est une fenêtre sur des relations nord-sud non limitées au tourisme.
Mais il y a aussi des projets internes faisant revivre le savoir-faire et la dignité des populations locales, contribuant au même message politique qu'Ekta Parishad; un festival engagé de théâtre des rues pendant deux semaines, boutiques équitables d'artisanat et de nourriture produits dans les villages. Ces évènements peuvent engendrer des recettes alors utiles à l'émancipation d'Ekta Parishad.
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