Ekta Parishad nord et sud
Posté le 24.09.2007 par india07
(ci-dessus, ma chambre)
alors dabord, si je donne pas de nouvelles tres regulierement, ce ke que, vous laurez suggere, la connexion ne marche pas. elle ne marchera, au mieux, que dans un an ou deux!
donc `internet` implique une heure de bus (pour 20km) jusqa Madurai, ou les 3 horaires par jour peuvent allegrement etre avances/retardes dune demi-heure par le chauffeur...
en plus, c un autre rythme, je necris plus au jour le jour. ms jecris tjs, et je v essayer de vs donner un apercu...
le cesci est au bord dune longue route terreuse, environne de 6 villages. qd on entre ds ce petit hameau fleuri et de terre rouge aux constructions en pierres de la meme couleur et aux toitts en fibre de coco, on a dabord le bureau a droite, la cuisine au milieu, les chambres autour de la cuisine, la bibliotheque et la salle de conference sur la gauche. en gros, c ca.
on a donc une chambre sobre ms grande et pourvue dune cle, dune moustiqire, dune salle de bains et pr chaque, sauf les jours ou des programmes locaux font venir beaucoup de gens.
la micro-societe locale comprend bon nombre de moustiques, de bestioles grignotant le toit, des chevres et des chiens, un chat sauvage tout juste echappe de la marmite des villages voisins, des petits lezards, des corbeaux degueu...
les principales personnes sont dabord les deux employes, le gardien, un villageois tamoul dont la femme et les enfants sont souvent la. puis surtout Abilash, jeune homme a tout faire parlant anglais de religion, de cricket et de cuisine keralaise.
il y a aussi les cuisinieres, dont les discussions servent de reveil a 5h30 du matin... elles preparent les pains, le riz et les sauces de legume puis les laissent sur la table, ou on vient se servir comme pr un self.
autrement, il y a les responsables; Biju le coordinateur principal, volontiers bavard et pretant d documents.
Jeya pragasam, notre maitre de stage, ausssi directeur de linstitut gandhien, viel homme sage et rigolo.
lalitha, coordinatrice des programmes dans les villages, avec qui on va probablement travailler (etude de cas des problemes et solutions possibles de femmes de basse caste, mariees des 12 ans et soumises aux taches ingrates. qd notre maitre de stage a dit tout ca, jetais super heureuse, car tel kil le disait, on avait vraiment limpression de pouvoir etre utiles!! a voir par la suite)
Kogila, la bibliothecaire qi sennuie et ki est encore plus bavarde ke lea!! elle admire la couleur de mes yeux et de ma peau, veut apprendre langlais, le karate, la salsa, le dessin... tout ce ke je fais koi! en echange de koi elle mapren le tamoul, utile pr se raprocher des villageois. ca leur donne un `plus`(car certains pensent carrement ke les `blancs` sont `superieurs!!!`), ca les fait rire, et puis c tres stimulant!
puis il y a des programmes plus independants qui viennent chercher le lieu calme du cesci a condition ke ce ne soit pas lucratif; programme de deux jours de yoga, cours du soir des enfants, cours de leadership politique et conseils economiques...
il y a aussi parfois qqs europeens de passage, comme ces deux belges retraites debrouillards, cyniqs mais militants, sur le terrain depuis tjs et anti intello!! dou d remises en question sur le cursus sciences-po, notre efficacite, des debats... tres interessant!! surtou lun deux, technicien polyvalent a MSF, kia passe bcp de tps en afriq avec une arme pointee sur lui...
bref, d rencontres et puis du devorage de bouqins a la biblio. tt est en anglais ms on sy fait vite qd on ne parle ke ca. romans, ms surtout analyse dONG, de la non violence... c super enrichissant!
enfin voila, faut atendre la presence de biju et lalitha en mm tps (demain probablemen) pr mieux definir le projet de stage.
je me detends a madurai, ds ces ruelles colorees ou mes narines shabituent a la puanteur, ds ces temples exuberants avec des statues de singe, de shiva, des peintures et sculptures proliferantes autour desquelles les gens courent presq apres avoir touche lentree et peinturlure un bout de pierre. ils font des ronds autour des statues comme on maromonnerait un benedicite presse... marrant.
donc ca yest c lance, vendredi ya une conference sur la non violence a aller voir. en decembre, le cpte-rendu de la janadesh se fera en anglais au cesci(cooool!!!) et rajagopal sera la; on lui demandera si on va en Orissa ou pas travailler avec les tribus forestieres pr la seconde partie de stage...
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Posté le 02.10.2007 par india07
Bonjour tout le monde!
Me voila en mission a Madurai (Lucie se repose) pour rencontrer et questionner le programmateur d’une association axee sur la defense juridique des femmes. Mais plutot que de vous parler de ce sujet certes brulant, il faut absolument que je raconte (en resume) l’infiltration culturelle de choc vecue ces trois derniers jours…
En fait, les jours suivant mon dernier post ont ete assez calmes; lecture de livres indiens sur le developpement et la non-violence, rythmee par le debut des moussons (faut mettre les bassines sous les trous du toit dans la chambre) et les coupures d’electricite (parfois pendant des heures). Apprentissage du tamoul et enseignement de salsa a la bibliothecaire qui, par ailleurs, s’inquiete de sa future premiere fois avec le mari que lui cherchent ses parents (ils ont des criteres astrologiques tres exigents, apparemment). que La tranquillite n’etait brisee que par les matinaux et sonores combats de rats dans ma chambre (se disputant mes sacs plastiques pourtant uniquement emplis de cafards en vadrouille) et par la petite angoisse du soir, quand je rentre de la bibliotheque, de marcher sur un serpent (il parait que c’est la nuit que sortent les venimeux).
Ah si aussi, mercredi dernier on est allees avec la coordinatrice du CESCI dans un des 6 villages concernes par notre programme. Dans cet amas de baraques faites en branches friables et inondables, les gens etaient tres gentils, curieux, souriants. Enfin ce qu’on a pu en voir, car le seul lampadaire, qui tenait lieu de salle de conference, a soudainement lance des gerbes d’etincelle bleues et s’est eteint. On a donc discute a la lueur d’une petite bougie des principaux problemes, mais les hommes monopolisaient la parole, notamment pour protester contre le projet de leurs femmes d’aller 15 jours a la Janadesh (l’immense marche protestataire prevue par Ekta Parishad, l’asso de notre stage). Meme la coordinatrice a du mal a avoir la permission de son mari!! Ces grands garcons ne savant plus faire cuire le riz a force de n’en boire que l’alcool.
Mais le lendemain, c’est une autre dimension de l’Inde qui s’est devoilee, en acceptant l’invitation de notre maitre de stage a suivre son programme intensif de trois jours sur la non-violence. Pas le choix, il a offert le stage, une revue, et a meme propose de le remplacer un jour comme editeur… j’ai pas ose dire que je trouvais la revue pas tres pertinente et basee sur des arguments historiques et biologiques plus que discutables. “C’est different”, voila le politiquement et non-violemment correct.
Deja, il faut savoir que ce programme est organize par une universite de non-violence avec des etudes genre resolution des conflits. Ca met dans l’ambiance, et ca change radicalement de l’approche politique de l’IEP, cynique voire machiavelique (en meme temps peut-etre plus lucide). Ajoutez a ca le fait d’etre reveille a 5h30 du matin par la clochette d’un etudiant austere pour commencer a faire du yoga, ca acheve de trancher avec ses habitudes.
Pourtant, ca commencait pas top, comme truc; le premier enseignant etait tres repute et voyage beaucoup pour des seminaires, mais en toute non-violente correctatitude, il etait tres legerement a baffer!! Une espece de pretre sur de sa bedaine, Petri de bonne conscience et de boniments sur le “bien”, la “verite”, flattant ses clients dans le sens du poil et faisant un peu l’imbecile pour avoir l’air gentil. Il faut dire pour sa defense que les prieres qui ont precede son arrive et la vision du programme (cours sur l’amour de la vie…) m’ont rememore de maniere nauseabonde toute une soumission religieuse devant des termes creux et devant des stratagems pourtant bien pragmatiques.
Heureusement, notre maitre de stage est arrive avec des concepts un peu plus reflechis et des donnees un peu plus comprehensibles; l’enseignement de la non-violence est necessaire dans un monde ou le commerce des armes, official ou non, represente une immense coagulation de fric don’t une infime part pourrait a elle-seule eradiquer la faim dans le monde. Apprendre l’ecoute inter-culturelle et la (non) cooperation comme gestion des conflits parait utile quand on realize que les problems commencent dans la tete des gens et qu’on veut toujours des autres qu’ils changent sans commencer par soi.
Mais le plus etonnant, c’etait le yoga… un peu de gym fait du bien, mais essayez donc de rugir langue pendante et de vous forcer a eclater de rire au milieu de 37 adultes, vous verrez si c’est facile. Surtout que ceux qui y arrivent ont tellement l’air con!! Sauf le prof (un espece de Gandhi mais bedonnant et delure), qui avait vraiment l’air beatement heureux et illumine quand il rigolait… Autre ecueil yoggique, la relaxation. Au vu des horaires que j’ai mentionnes plus haut, vous comprendrez qu’on soit fatigue. Alors quand on vous somme de vous concentrer sur votre gros orteil droit, la c’est trop. La seule chose qui m’a empeche de m’endormir sur place, c’est le ronflement de mon voisin. Ensuite, autre etape dans le chemin menant vers la “vision” de sa respiration, de ses organs et de ses couleurs internes (oui oui, couleurs internes changeant avec les emotions), c’est la meditation… sauf qu’au lieu de voir la “lumiere blanche”, je ne voyais qu’une piece sombre avec une ampoule jaunatre qu’une gamine essayait de prendre. Je sais pas ce que ca veut dire, a part que j’etais completement a cote de la plaque! Il faut preciser que je n’etais pas en mesure d’”oublier mon corps”, comme le sussurait le maitre; etre assis en tailleur pendant 20mn me donnait des noeuds douloureux dans le dos et les epaules, un bouton de moustique me grattait le coude gauche et le choix malencontreux -ou alors tres vicieux- du menu du repas precedent (des pois chiches) me donnait une irresistible envie de larguer une caisse sonore au milieu des ces ames en quete d’evanescence.
Quoi qu’il en soit, j’ai appris les bienfaits du soja et des champignons (avec de l’education, il parait que des chats et des tigres ont domestique leur corps jusqu’a se contenter de vegetaux!), j’ai ecoute comment les centres psychiques pouvaient influencer les hormones et ainsi guerir du cancer, je sais maintenant comment faire bouger mon ventre sans respirer, j’ai ete contrainte de chanter, après deux chansons francaises bien athees (l’amant de saint jean et petite fille des sombres rues) une priere tamoule (mais ces priers interreligieuses sont quand meme tres belles, delicieusement dissonantes)… De fait, plusieurs cours faisaient un peu en…age de mouches sans dire concretement ou etait la limite entre la “verite” et le bourrage de crane, entre le “conflit” reconnu necessaire, et la “violence” inutile et destructrice.
Parfois, ca semblait aussi etre plus des ateliers psycho pour bourgeois voulant se rassurer sur leur longevite qu’un principe de militantisme social. Mais un illumine catho avec qui je partageais specialement peu d’opinions a dit “il faut s’aimer soi avant de pouvoir aimer les autres”, et j’ai eu envie de lui repondre que c’etait du narcissisme et que des gens crevaient a notre porte sans pouvoir attendre qu’on embrasse notre miroir. Mais je me suis dis merde, tu vas lui faire la morale alors qu’en France tu as tes petites activites pour ton bien-etre qui n’ont meme rien a voir avec une quelconque solidarite tiers-mondiste. Bon.
Malgre les barrieres culturelles qui font jauger cette experience depuis des prejuges occidentaux (en meme temps, c’est une position critique a ne pas negliger), j’ai pense a changer. Manger moins de viande, faire de la danse plutot que du combat… (ca c’est dur, car le karate quand meme, eh ben c’est cool).
On verra. L’autre changement culturel de ce programme concernait les rencontres; Vinut, dynamiq etudiante de 16 ans en commerce, avec sa soeur apathique de 18 ans et leur mere attachante. Toutes trois plus que bien en chair m’appelaient le bebe car je prenais moins de riz qu’elles et n’arrivait pas a le manger par aussi grosses poignees (euh oui, y a pas de couverts pour manger le riz en sauce)
Elles m’ont demande si c’etait vrai que les europeens ne savaient pas prendre de bain tout seul. Faut dire que l’hygiene pour eux, c’est plus important que l’electricite, a tel point que porter le meme pantalon que la veille est le comble de la honte sociale! Elles m’ont donc invitee dimache prochain pour me bourrer la panse et me faire faire une de leur tenue traditionnelle, et elles m’ont aussi invitee au marriage de leur cousine, dans un mois!! Je n’ose dire non, Lucie ne sait pas encore.
Une autre me propose de tourner dans un documentaire le mois prochain. Je lui ai repondu que je craignais les paparazzis (elle n’a pas compris).
Et puis, petit mot de la fin, il y a ce jeune type a la degaine des annes 60 (coiffure, pantalon taille haute et trompette, petite chemise a grand col…) qui repond au doux nom d’”Anus”…
Comme je l’ai dit au debut, la janadesh bouleverse un peu les programmes habituels, donc mon rythme de boulot sera sans doute ponctue de visites d’autres assos, ce qui implique sans doute un acces internet plus frequent… donc a la prochaine!
Poytuerein (au revoir en tamoul)
Posté le 10.10.2007 par india07
Hellooo !!
Pfiou, y a tant de choses a dire que je sais plus par ou commencer !
Car oui, en fait la Janadesh a ete repoussee, et ma traductrice ira en meme temps que Lucie et moi, fin octobre (2 repas basiques et 13 kilometres de marche par jour pendant 10 jours avec des tribus a demi-nues, sachant que la nuit, ils dansent et que les lits ont peu de chance d’etre fournis !!! youhouhouuu, ca promet d’etre une passionante immersion anthropologique et physique !! ;-))
Donc, en gros, cette semaine a ete riche de rencontres avec differentes assos militant pour les droits des femmes (ou, heureuse surprise, toutes les ONG sont constituees d’indiens). Un jour, pour revenir a un arret de bus sans me faire arnaquer par un rickshaw, je me suis incrustee dans la voiture d’un des participants de la conference (jusqu’ici c’est relativement normal)… sauf que je me retrouvai a cote de l’invitee d’honneur, a savoir la presidente de la commission nationale du statut des femmes !! oups, boujour madame !!). Mais surtout, cette semaine a ete consacree a la visite des villages, avec l’accompagnement de Lalitha, la coordinatrice du programme de developpement des villages.
L’eternelle question venant apres le nom, c’est le marriage. Faut dire qu’a notre age, les femmes ont 3 enfants au moins ! Les gens sont adorables, nous appellent « Akha » (grande sœur) et non « Madame » (mais les hommes restent appeles « sir ») comme ailleurs. Malgre leur pauvrete, leur fievre et leurs dents cassees, leurs uniques tenues sales et trouees, leurs maisons faites de deux pieces sombres d’un metre de haut sous des branches, leurs pompes a eau defaillantes et leurs lignes electriques qui etincelles ou s’arretent… ils veulent toujours offrir le repas, le the, et quand j’ai chope deux grosses ampoules d’un demi-pouce sous chaque pied (marche pieds nus sur le goudron brulant…), les femmes du groupe s’inquietent, me papouillent les pieds et le front pour voir si j’ai de la fievre, me massent avec une pate locale (qui par ailleurs, fonctionne bien !)… ! J’etais rassuree hier d’entendre par le mari de Lalitha, qui vend de l’eau dans les villages, qu’apparemment j’avais bonne reputation. J’ose pas imaginer l’ambiance si ca avait ete l’inverse !
On paticipe donc aux meetings (dont la ponctualite, a l’image des bus, s’evalue a 1h30 pres !) en jouant avec les enfants, pendant que les femmes allaitent leur 6eme enfant (meme si en theorie, apres le 2eme enfant, la majeure partie du devoir marital est faite, dixit des volontaires !). On convoque et ecoute donc les speechs, l’evocation des problemes et discussions, assis sous l’unique lampadaire… on va aussi voir les ecoles ou l’enseignement officiel des 5-10 ans se passe de lire et ecrire. Dans un petit village isole, il y a aussi une petite ecole ou une prof gere seule les 5 premiers niveaux, avec une enfant dans sa classe qui est toute petite, elle a 7 ans mais en parait 3… ca me rappelle la situation de ma moman en Bretagne nord!! Sauf qu’ici, il y a 57 eleves a moitie nus assis a meme le sol, si tant est que leurs parents les aient laisse venir sans avoir a travailler… !
Et puis c’est plein d’autres curiosites ; des hommes jouant sans cesse avec leur pareo, portant des colliers et se vernissant les ongles, des poils SUR les oreilles … beaucoup ont aussi une maladie de peau, qui devient blanches par plaques. Le sourire des vieilles femmes, fameliques, comme beaucoup de vieux « qui ne servent plus » avec des cheveux courts, des lobes d’oreilles agrandis et un simple tissu comme vetement qui decouvre leurs seins.
Le trajet en bus dans cette zone est vraiment magnifique, je me promets d’y descendre a pied une de ces fins de journee pour prendre des photos et des images plein la tete. Mais la ponctualite est moins bucolique ; parfois le bus ne vient pas, j’attends deux heures; Je m’accroche donc a un autre bus et saute en marche (heureusement que c’est lent !). Et l’autre probleme, c’est que meme si ils n’ont rien compris, les gens indiquent une direction, pour le meilleur et pour le pire! Enfin, ca en vaut la peine. Et puis parfois, on a pitie de moi alors on m’emmene en moto ; que c’est bn, le vent et les odeurs, le bruissement des feuilles ! enfin, vue la taille de la moto, v’est quand meme un peu stressant ; vaut mieux pas eternuer quand on est deux sur ce velo a moteur !!
A Madurai, le vent est sec et brulant, soulevant la fine poussiere qui vient se coller a la peau irritee et humide. Enfin en ce moment, le climat change pour le debut de la mousson; ils sont tous malades, car il ne fait que 25 degres!! En attendant, c’est vrai qu’il faut maintenant avoir une couverture pour le matin…
C’est peut-etre cette chaleur et aussi l’heure de bus serres comme des sardines et ballottes comme des bouchons, qui font que je suis fatiguee après ces journees “a la ville” (attention, les lendemains de ces excursions, j’arrive ensuite a faire la grasse mat jusqu’a… 7h du matin! Record battu! Et oui, les crachats et les casseroles ne font pas bon ménage avec un sommeil matinal…)
L’aspect plus embetant, ce sont les velotaxis relous et bourres (meme en negociant je me fais arnaquer) qui me poussent a essayer de les perdre en zigzaguant dans les petites ruelles… en meme temps, c’est ma maniere de decouvrir une ville; me ballader au hazard, a l’intuition, succombant a l’envie soudaine de m’engouffrer dans une ruelle pleine de vie qui m’eloigne pourtant du but original… Si fait que ce but, si il ne vient pas a mes pas, et bien ce sera une autre fois. C’est ca que les rickshaws ne veulent pas comprendre quand ils demandent ou je veux aller! Je veux juste errer au hasard des plaisirs rencontres ! Si cette superbe intuition conduit immanquablement a me perdre (ben oui, mon nom est clotilde, quand meme), c’est pour mon grand plaisir, et puis il se trouve toujours une grande rue au bout d’un moment, pour rejoinder les lieux connus.
Voir tous ces etals de noix de coco oranges, de bananes rouges, de tresseurs de panier et de marchands de fleurs (il y a souvent un vendeur pour m’en offrir une !), les cuisiniers malaxant la pate et la jetant sur la plaque huileuse, les vaches et veaux dans les rues pour les traire, les femmes mouillant le sol pour tracer finement les kollams, dessins sacres devant la maison…
A bientôt les gens, ptet la smaine prochaine ! (la janadesh est du 20 au 30 octobre)
Posté le 11.11.2007 par india07
coucou tout le monde!!
je suis aujourd'hui a benares, cite de la mort et des cadavres brules, cite des vaches et zebus dans les ruelles sombres, cite sacree des renoncants aux couleurs vives... avant ca, c'etait la vallee temples bouddhistes surmontes de drapeaux dechires, traduisant une sorte de paix en flottant dans le vent. leurs moines, plus pacifistes tu meurs; ils balayent devant eux en marchant et ne mangent que de jours pour eviter de tuer des fourmis ou autres bebetes.
la vallee du gange, ce sont surtout tous ces palais d'influence moghole et musulmane (datia, agra, gwalior, orcha...), forts rouges puissants aux portes majestueuses, salles de danses et chambres du roi ornees de peintures d'epopees legendaires, temples aux sculptures epiques et erotiques (notamment a Kajurao)
mais tant qu'a ecrire, autant le faire sur les jours passes; le bon plan quand on est seule, c'est que les gens veulent vous aider, vous proteger, s'imaginant les ires risques si ils ne font rien pour une pauvre petite etrangere en peril qu'ils s'imaginent toute droit sortie de l'aeroport. c'est ainsi que j'ai du depenser environ 10 roupies pour la bouffe depuis deux semaines; je me suis fait bourrer la panse par d'autres et plus particulierement inviter par plusieurs familles. des garcons un peu trop imaginatifs m'ont aussi bien aidee, leur dire que j'etais mariee etant comme une premiere digue, efficace mais insuffisante!!
surtout, j'ai pu etre dans une famille dans un coin ou passent trois touristes l'an, un village authentique et gere par des reseaux de famille aux activites pas toujours nettes. bref, j'ai pu voir le diwali, ces 5 jours de festival hindou, dans toutes ses couleurs (et c'est le cas de le dire!!). le soir, c'est la guerre; petards surpuissants a vous exploser le tympan, feux d'artifices comme des bombes et fumees piquant les yeux, hurlements des enfants et gens qui courent... pas tres reposant tout ca!!
mais sinon, ca ressemble a noel; fete familiale avec un jour de conge, loupiotes partout et statues religieuses, ceremonies chantees et en beaux habits, sucreries en grand nombre et frenesie d'achats de cadeaux...
alors je sais pas si vous imaginez ce que donne le melange d'une fete a l'indienne (connaissant leur sens des proportions) avec leur sens de l'hospitalite ("you are my guest, you are my god, just seat down and eat"), mais... en gros je visitais tous les mis de la famille et tous me donnaient un repas. quand je disais que j'etais au bord de vomir, ils m'amenaient le tout 5mn plus tard. comme un soir de noel, je me couche le soir avec la ferme intention de ne plus rien avaler d'ici 3 ou 4 ans histoire de commencer a digerer. et comme a noel, le lendemain matin, je salive et gargouille de nouveau devant leurs sucreries bien lourdes et grasses, faites de lait, d'huile, de fruits secs...
voili voilou, je reprends le train demain pour nagpur puis dans deux jours j'arrive a madurai. fin des vacances, si riches, si intenses!!! mais ca me fera plaisir de retrouver nos petits amis tamouls...
Posté le 23.11.2007 par india07
Bonjour tout le monde!!!
J’ai envie de dire “comment ça va?”, mais la réponse risque d’être compliquée…
Bon et bien nous voila rentrées au CESCI, et notre absence nous en a vraiment rapprochées… je m’explique ; on prend un chemin de footing et on se taille une promenade dans la foret alentours, les gens des villages (parfois) nous reconnaissent comme des vieux potes qu’il est bon de revoir, on va sans doute prendre des cours locaux a Madurai (danse pour Lucie, art martial pour moi)…
Surtout, le mieux c’est la complicité avec les gens du CESCI ; on a enfin pu percer la cuirasse de timidité des villageoises cuisinières ; on s’apprend mutuellement un peu d’anglais, de tamoul, et en les aidant a cuisiner on apprend a faire des dosa, idly, chapatti… c’est super de partager ça avec elles et de contrôler un peu plus notre mode de vie, mettre un peu la main a la pâte en faisant notre popote!! (notamment le ginger tea de Lucie !!)
Nos soirées avec Abilash et Punukalle aussi sont bien plus rigolotes, il m’apprend le silamban (art martial base sur le maniement du bâton) et le kalaripayatt (art martial nécessitent beaucoup de souplesse !), lucie joue de la musique, on chante, on danse, discute, chahute… on se prévoit des violations anti-gandhiennes genre aller bouffer un mouton dans la foret ou fumer une cigarette derrière le panneau CESCI…
Que de bonheur !! ça faisait longtemps qu’on l’avait pas éprouve comme ça et a ce point, l’une comme l’autre. Rien ne semble pouvoir nous atteindre, tout simple bon a vivre, la, maintenant. Au moins en ces moments, on n’a plus envie de se masturber le cerveau sur la résolution de la faim dans le monde. On construit et développe nos projets avec de l’amitié, c’est moins ambitieux, mais ça repose et ça fait du bien a plus de monde…
Poytuerein les gens, gros bisous contents et exportables sans altérer leur qualité !!
Posté le 28.11.2007 par india07
levez-vous quand vous le sentez, prenez un the en discutant un peu, puis sortez du CESCI et passez devant l’entrainement de cricket. Au deuxieme baobab, tournez a gauche en faisant attention aux lianes et zig-zaguez entre les porteurs de pierres du sivananda ashram. Apres le pont casse ou « plein de gens font des trucs bizarres », s’enfoncer dans le chemin de terre rouge menant aux champs de manguier. Parcourir le sentier engorge et sauter les pierres emergeant du sable couleur de sang, monter parfois dans un champ et en sauter la barriere pour se repaitre de la vue sur les montagnes cotonneuses, baignees d’une lumiere aussi douce qu’une caresse, comme cousues d’un patchwork de champs arrondis.
Faire demi-tour jusqu'à la citerne qui fuit et sauter le ruisseau pour s’engouffrer dans la foret. Grimper les collines et suivre le lit de la riviere asseche jusqu'au cactus mort, grand fantome blanc ecartelant ses membres desseches. De la, traverser le fosse en direction de la montagne et du soleil levant. Se faufiler tant bien que mal entre les differents chemins, au debut prenez de preference les plus fouillis. Arriver a l’arbre des tissus colores qui pendent a ses branches et racines, et commencer a grimper vers le sommet en contournant par l’arriere (meilleure vue). Continuer en se perdant a travers des bouts de chemin et des pierres branlantes (ma specialite), des forets de ronces qui vous font ramper et grenouiller parmi les branches possessives (ne vous laissez pas charmer, elles sont collantes), jusqu'à ne plus entendre la route et se laisser surprendre par des cris d’animaux bizarres… ecouter... Tenter d’eviter les big toiles d’araignees qui barrent la route. A peu pres vers le haut, traverser les buissons de ronces jusqua ce qu’ils forment un toit, deboucher sur la grande pierre blanche, s’y poser dans le rayon de soleil.
Repartir vers le bas en roulant sur les pierres, zig-zaguer entre les differents semblants de chemin qui se recoupent, s’arreter au gros arbre torsade. Y grimer jusqu'à la troisieme branche au moins, a environ 3m du sol. Y observer le CESCI, les autres montagnes, le chemin restant a parcourir, a quel point vous vous etes paume. Redescendez, ca devient peu a peu plus facile, jusqu'à un grillage inattendu. Longez-le jusqu'à voir la maison du proprio (qui, loin de vous chasser, vous proposera a bouffer), la traverser et piquer un petit sprint jusqu’au CESCI.
Reprendre un the, s’etirer un peu si l’envie y est, se poser dans la chambre et ecouter une valse irlandaise a l’accordeon (dont le souffle parait provenir d’un destrier fatigue) avant de se rincer a l’eau froide et de savourer des idly au sambar… ;-)
Posté le 19.12.2007 par india07
Hello les gens!!
Je sais ca fait un peu de temps que j’ai pas traine mes sandales devant un ordinateur de cibercafe. Que voulez-vous, on se fait a la vie gandhienne!! Moins de besoins, moins de technologie… je suis meme en train de me laisser doucement convaincre par la non-violence et le vegetarianisme, c’est pour dire!
une autre raison est aussi que la premiere partie de notre stage se termine et qu’il y a eu pas mal de choses a terminer, a profiter, a faire a fond comme on avalerait vite fait la derniere part de gateau avant de partir…
Lucie et moi partons le 27 decembre pour le Sri Lanka, histoire de donner un coup de frais a nos visas et un coup d’eau salee a nos ames bretonnes.
Retour le 9 janvier si je ne m’abuse, et la on se separe un peu; lucie va accueillir ses parents, faire un stage gandhien et finir son movie au CESCI. Moi je visite un peu les centres Ekta Parishad de la cote sud (sachant qu’a Pondi, y a un partenaire… ca me permettrait d’en voir une autre, de partenaire!!) puis je reprend mon stage en Orissa vers le 20 janvier. Pour 2 mois de travail sur la doc et la communication. Lucie me rejoindrait en fevrier.
Posté le 19.12.2007 par india07
En gros, pour ceux qui ont toujours pas compris ce qu’on faisait (ce qui veut dire a peu pres tout le monde puisque nous-meme on l’a saisi y a pas longtemps), y a deux directions de notre premiere partie de stage;
-on s’informe sur CESCI et Ekta Parishad d’un cote (lectures non violentes, Janadesh (grande marche comme une manif), montage d’un film et realization d’une brochure sur le CESCI)
-de l’autre on participle au village program en discutant et en initiant/ boostant des projets; newsletter locale, classe d’alphabetisation et centre de couture pour femmes, location de terres…
On a aussi decide de faire notre rapport ensemble. Malgre nos differents rythmes et approches de la situation, c’est une super experience et il faut dire que la philo non-violente nous rassemble, perchees sur un ilot de reves et de projets… Conferences et pic-nics alternatifs (!) a l’IEP, marche lente et silencieuse dans Rennes, discuss avec la prefecture de rennes, a long terme penser aux banlieues (en terme de non-violence, les nouvelles de notre chere France laissent a penser qu’il y a du boulot a la maison…!).
et puis juste un truc comme ca, j’ai relu il y a peu ce que javais ecrit dans mon rapport de stage avant de partir en inde, sur la base de me scours de politiq comparee… QUELLE HORREUR!! Comment melanger autant de references nauseabondes dans un style hache qui congestionne des hoquets de generalites et de mots genre “branlage-de-mouche”… je sais pas a quoi ressembleront mes disserts d’IEP, mais jspr qu’elles vont changer!! Pitie, du plaisir et de la simplicite!! (ca y est chuis perchee!!)
Posté le 19.12.2007 par india07
Voila, ca fait un peu trop de serieux tout ca alors je vous donne une super recette experimentee il y a peu,. Pour un bon raining cake, il faut;
1. Fourrer une petite maison chaude et entrouverte avec un bon groupe d’amis.
2. Verser de maniere douce et continue une grosse quantite d’une belle pluie fine et fraiche, un peu brillante, de celle qu’on trouve a la saison appropriee
3. Saupoudrer de quelques sucreries bien grasses et arroser de the noir brulant.
Laisser macerer et savourer lentement pendant toute la journee, sans rien d’autre a faire.
Conseil du chef; le plat doit etre a l’indienne (une feuille de bananier) ou de style vegetal s’en approchant; la degustation n’en sera que meilleure.
Enjoy it!!
Posté le 21.01.2008 par india07
Me voila a l'office d'Ekta Parishad Orissa, apres avoir depasse Bhubaneswar en train de 150 km et avoir passe 5h a faire demi-tour. en meme temps, pour ceux qui ricanent, les paysages etaient magnifiques et mes voisins nepalais etaient adorables, donc bon.
l'office d’Ekta Parishad est en fait a 8 kilometres de la ville, pres de temples-grottes integres ds la colline. Ce fut le lieu d’un tel carnage que le Roi offensif se convertit au boudhisme en promettant de ne plus jamais tuer ne serait-ce qu’un moustique.
Et c’est dur, car le coin est litteralement infeste denormes moustiques que j'ai jamais vu aussi agressifs!!! genre ma moustiquaire, ke gt tro fiere de poser au-dessus de mon lit (paske la poser qd c pa prevu, et ben c pa facile!! Bah oui !!) et ben elle sert a rien tellement c d acharnes.
A 17h, (en meme temps que la corne des puja (priere) soufflee dans un gros coquillage), y a le couvre-feu a cause d’eux, on ferme les volets et on enfume les pieces de tue-moustiques avec ventilo.
Autre detail -mais on m’avait prevenu au CESCI-, pas d’intimite ; si y avait pas de verou ils iraient jusq ds les chiottes pr voir ce ke je fais. Reveil a 7h pr le the, et lecture derriere mon epaule quand je suis a l’ordi. Bon. Pas mechant !